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Patrimoine Culturel

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Patrimoine culturel matériel

Le Maroc a ratifié la convention du Patrimoine Mondial et a été élu membre du comité du patrimoine mondial en 1995 et membre du bureau du patrimoine mondial en 1996. Il dispose de nos jours, de huit biens matériels inscrits sur la lise du patrimoine mondial qui sont :

LA VILLE DE RABAT
Ville de rabat

Située sur la façade atlantique, au nord-ouest du pays, Rabat est le résultat d’un dialogue fructueux entre le passé arabo-musulman et le modernisme occidental. Le site comprend la « ville nouvelle », conçue et construite sous le Protectorat français de 1912 aux années 30, incluant la résidence royale, des administrations coloniales, des ensembles résidentiels et commerciaux, le jardin – botanique et d’agrément - d’Essais. On y trouve aussi des parties anciennes de la ville qui remontent parfois au XIIe siècle. La « ville nouvelle » représente un des plus grands et plus ambitieux projets urbains du XXe siècle en Afrique, probablement le plus complet et le plus achevé. Les parties anciennes abritent la mosquée Hassan (démarrée en 1184) ainsi que les remparts et portes almohades, seuls vestiges subsistant de Ribat-al-Fath, le grand projet de ville capitale du califat almohade. On y trouve aussi des vestiges de la principauté morisque, ou andalouse, du XVIIe siècle....=> Lire la suite

LA MEDINA DE FES
Fes

Localisation : Préfecture de Fès Médina, Région de Fès-Boulmane
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 1981

Critères et justification de l’inscription : Fès est à la fois un musée vivant et une des plus grandes cités islamiques où les diverses formes de peuplement ont déterminé la plus grande variété des formes architecturales et des paysages urbains qui se sont crées progressivement au cours des siècles.
Aperçu historique :
Fès fut fondée en 789 sur la rive droite de l’oued Fas, par Idriss ben Abdellah (788-791). Vingt ans après, son fils Idris II (808-828) créa le noyau de la cité al Aliya (la haute) sur l’autre rive. Les deux villes jumelles reçoivent en 817-18 et en 825-26 des immigrés venus de Cordoue et de Kairouan et prirent dès lors, les noms de Adouat al Andaloussiyine (rive des Andalous) et Adouat al Karaouyine (rive des kairouanais). La double fondation était désormais désignée par Madinat Fas (la ville de Fès).

La croissance de la population de la ville nécessita l’élévation vers 859-60, des deux mosquées Al Andalous et Al Karaouyine. Autour de ces fondations furent placées des souks et des quartiers résidentiels. Les deux minarets des mosquées al KaraouiyinE et al Andalousiyine furent élevés par Abd er-Rahman III au milieu du Xème siècle, à une époque où Fès était devenue l’un des enjeux de la lutte qui s’engagea entre Omayyades de Cordoue et Fatimides de l’Ifrikiya. Tout de même, l’essor architectural et urbain de Madinat Fas s’accentua sous les Zénètes. Leur règne fut marqué notamment par une première unification des deux "Adouas".
Après la prise de la ville par les Almoravides (XI- XIIème s), Yousouf ben Tachafine unifia la cité, détruit le mur qui séparait ses deux rives et suscita un renouveau dans le développement économique de la ville.

Sous les Almohades (XII-XIIIème s), la ville s’organisa et se dota de lieux de culte, de commerce, et d’un système d’approvisionnement en eau et de corporations. L’enceinte de la Qasaba arasée par le calife Abd el Moumin (1130-1163) fut rebâtie par le calife Naser (1199-1213).
Avec les Mérinides (XIII- XV ème s) Fès vécut son âge d’or. Choisie comme capitale de la dynastie, Fès verra en 1276 la construction dans sa partie occidentale, d’une nouvelle fondation : La cité gouvernementale Fas el jadid (Fès la neuve). La ville fut entourée d’une puissante enceinte et dotée de plusieurs monuments.
Après une longue période de déclin due aux troubles intérieures, la ville est occupée par les Saadiens (XVI-XVIIème s). Bien qu’elle ait perdu, encore une fois, sa place de capitale au profit de Marrakech, Fès connut quelques grands travaux comme la constructions des deux Bastions nord et sud, ainsi que l’érection d’un pavillon dans la cour de la mosquée Qaraouiyine.

A l’époque alaouite (XVIIème s - jusqu’à nos jours) la ville va connaître un regain d’activité urbanistique et architecturale. De nouveaux quartiers d’habitation verront le jour. De même, la cité va être meublée de nouveaux monuments et bâtiments prestigieux.
Parmi les monuments les plus célèbres de la médina de Fès il y a lieu de citer les remparts, la mosquée Qaraouiyine, la medersa Bou Inaniya, les bordjs nord et sud, le complexe architectural et historique Nejjarine comprenant un fondouk, une fontaine et un souk et Dar al Batha.

LA MEDINA DE MARRAKECH
Marrakech
Localisation : Région de Marrakech-Tensift-El Haouz
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 1985

Critères et justification de l’inscription : « Marrakech abrite un nombre impressionnant de chefs-d’œuvre de l’architecture et de l’art... » (i). « La capitale des Almoravides et des Almohades a joué un rôle décisif dans le développement de l’urbanisme médiévale »(ii). « Marrakech [...] est l’exemple achevé d’une grande capitale islamique du monde occidental » (iv). L’habitat ancien de la grande médina de 700 hectares, devenu vulnérable, constitue un exemple éminent de la ville historique vivante (v).
Aperçu historique
Depuis sa création en 1070 par la dynastie almoravide, Marrakech a toujours été la métropole du grand sud. Son nom était même utilisé pour désigner tout le Maroc et ce, depuis sa fondation jusqu’à la fin du 19ème siècle. Si c’est à Abou Baker que l’on doit la fondation de Marrakech, c’est bien à Youssef Ben Tachefine que revient le mérite d’avoir donné à cette ville l’ampleur qui en a fait une grande capitale. En effet, il la fit transformer d’un simple campement de nomades en une véritable place fortifiée, les remparts de la ville et le palais dit « Qsar al hajar », sont là pour en témoigner. Ainsi, dès l’époque almoravide, de nombreux quartiers s’étaient crées à Marrakech. Le contact des Almoravides avec l’Andalousie a fortement marqué l’ensemble de l’architecture de la ville.
En 1147 les Almohades s’emparèrent de Marrakech et firent d’elle leur centre politique et culturel. Dès son intronisation, le premier calife Abdelmoumen ordonna l’édification de la première mosquée de la Koutoubiya. Son successeur Yacoub el Mansour dota la ville d’une nouvelle Qasaba entre 1185 et 1190 avec une enceinte fortifiée, une porte monumentale, des palais, des jardins, des pavillons, des bassins...
Sous le règne des Mérinides, la ville a été éclipsée par sa rivale Fès. Mais sous les Saadiens, elle va retrouver son rang de capitale, notamment sous Abdallah al Ghalib qui commença par la remise en état des réseaux d’alimentation en eaux de la Qasaba qu’il trouva dans un état de ruine avancé. Après le réaménagement de cette dernière, il créa le Mellah où l’on a transféré la population juive. Ahmed el Mansour, a pour sa part, édifié le fabuleux palais el Badia et ses innombrables annexes bordées de jardins royaux et de la nécropole royale. Entre 1562 et 1573 le quartier de la grande mosquée Ben Youssef fut rénové par la construction du complexe el Mouassine.
Avec les premiers souverains Alaouites, Marrakech ne jouera plus le rôle de capitale, Moulay Rachid, Moulay Ismaïl et les autres souverains alaouites privilégieront d’autres capitales comme Meknès, Fès et Rabat.
Parmi les monuments les plus célèbres de la ville ocre, il importe de signaler la Qoubba almoravide, les remparts et ses portes défensives, la mosquée de la Koutoubiya, la médersa Ben Youssef, les tombeaux des rois saadiens, le pavillon de la Ménara, les jardins de l’Agdal...

KSAR AIT BEN HADDOU

Ait-benhaddou
Localisation : à 32 Km au nord-ouest de la ville de Ouarzazate, Région de Sous-Massa-Drâa.
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 1987

Critères et justification de l’inscription : (iv) et (v) : Aït Ben Haddou constitue un modèle remarquable d’une architecture de terre multiséculaire du Sud marocain. Sa conservation et sa transmission aux générations futures étaient à la base de son inscription sur la liste du patrimoine mondial.
Aperçu Historique :
Ksar Aït Ben Haddou est constitué d’un ensemble de constructions érigées selon un type d’architecture vernaculaire caractérisant les Kasbahs et Ksour du Sud marocain. Il fut probablement construit au XVIIIème siècle. Cependant, la date exacte et les conditions historiques de sa construction ne sont pas suffisamment élucidées.
C’est un habitat légèrement perché et groupé certainement pour des raisons défensives et socio-économiques, il est organisé en plusieurs habitations monofamiliales elles-mêmes fortifiées. Le ksar est construit au piedmont sud de la colline dite « Taourirt n-ighrem » aux abords de la rive gauche d’« Assif Marghen ».
Le Ksar est entouré d’une enceinte ayant deux entrées principales une à l’Est et l’autre à l’Ouest. Les constructions du village se composent de maisons de un à deux étages et des « Tighermin » de trois à quatre étages. Les espaces publics du Ksar comprennent une mosquée, une place publique pour les fêtes, une fortification au sommet du village et deux espaces d’enterrement musulman et juif.
Le cachet original de ce type d’architecture en terre fait du Ksar Aït Ben Haddou le reflet d’une tradition architecturale largement répandue dans l’ensemble des vallées et oasis du sud marocain. C’est un type d’architecture parfaitement adapté aux conditions climatiques de la région caractérisée essentiellement par une chaleur caniculaire l’été et un froid glacial l’hiver. Ce type d’architecture est également le résultat d’un mode de vie propre aux populations locales et des structures sociales particulièrement ancrées dans l’histoire de la région.
La terre est utilisée dans la construction à Aït Ben Haddou sous deux formes : le pisé, terre imbibée d’eau moulée dans un coffrage fait de deux planches et fortement pilonné et l’adobe, brique qu’on obtient par le moulage dans un cadre en bois et le séchage en plein air. Ce matériau est généralement utilisé dans les parties supérieures des édifices pour permettre la réalisation des décors par alignement des briques selon plusieurs plans, alors que le pisé sert pour ériger les murs porteurs qui reposent sur des soubassements en pierre.
Dès les années cinquantes, le ksar s’est vu progressivement vidé de sa population, qui s’était installée sur la rive ouest de l’Assif Marghen donnant naissance à une nouvelle agglomération appelée Issiwid. En effet, l’expansion urbaine et l’usage des matériaux modernes a largement influencé la persistance du mode architectural ancestral qui devient de plus en plus abandonné. Aussi sa préservation et sa conservation s’imposent-elles inévitablement pour transmettre ce patrimoine riche de symboles et d’histoire aux générations de demain.

LA MEDINA DE MEKNES

Meknes
Localisation : Région Meknès-Tafilalet, Wilaya de Meknès
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 1996

Critères et justification de l’inscription : La ville de Meknès a été proposée au titre du critère culturel (iv) en tant que bien représentant de façon remarquablement complète et satisfaisante, la structure urbaine et architecturale d’une capitale du Maghreb du 17ème siècle alliant de façon harmonieuse des éléments de conception et de planification islamiques et européennes.
Aperçu historique :
Meknès tire son nom de la grande tribu zénète des Meknassa qui occupait la plaine du Saïs (Maroc central). A l’origine elle fut une simple agglomération de bourgs jusqu’à l’avènement de la dynastie almoravide (XIème siècle) qui s’empara du site et fonda une garnison du nom de Tagrart qui devient le noyau de la ville. Sous le règne de la dynastie almohade (XIIème siècle) Meknès connut un grand essor urbanistique. Ainsi de nouveaux quartiers virent le jour tels ceux de Sidi Ahmed ben Khadra et de Hammam Jdid. La ville se dotta aussi d’un important système hydraulique qui puisait son eau à partir de la source dite « ‘Aïn Tagma » ; ce réseau assurait l’approvisionnement des édifices publics et privés
Avec les mérinides (XIIIème siècle) Meknès verra l’arrivée des familles andalouses suite à la chute des principaux centres musulmans d’Andalousie. Sur le plan urbanistique et architectural, les Mérinides entreprirent d’importantes réalisations dont la construction de trois medersas (Filala, al Bou’inaniya, al ‘udoul), des mosquées, un hôpital (Maristane Bab Jdid ) et des bains. En dehors de la ville, le sultan Abou Yousouf Yaâcoub(1269-1286) édifia une Qasaba (citadelle) dont il ne subsiste que le sanctuaire Lalla Aouda.
Sous la dynastie alaouite, et plus singulièrement sous le règne du sultan Moulay Ismail (1672-1727), la ville de Meknès connut un essor considérable puisqu’elle devient la capitale du Royaume. C’est ainsi qu’elle verra durant cette période la construction de la cité royale (la Qasaba) qui comporte de nombreux bâtiments majestueux et monumentaux d’inspiration maroco-andalouse dont la réalisation avait suscité l’apport de matériaux de remploi d’autres sites comme Volubilis et Marrakech. Les réalisations ismaïliennes comprenaient des unités palatiales, des monuments religieux, des places publiques, des fontaines, des jardins, des monuments d’utilité publique comme les bassin d’alimention de la ville en eau et les silos à grain. L’agrandissement de la ville a engendré l’élévation d’un imposant rempart de 40 km de longueur, percés de vingt portes fortifiées. Toutes ces nouvelles réalisations étaient organisées selon un plan urbanistique moderne au point que certains historiens ont dénommé Meknès « les Versailles marocaines ».
Avec le sultan Sidi Mohamed ben Abdallah (1757-1790) Meknès connut l’édification d’un nombre important de mosquées, de mausolées et de palais. Plus tard le grand vizir du sultan Moulay Hassan Ier (1873-1894) y construit une résidence majestueuse dite Palais Jamaï.
La ville de Meknès regorge de monuments historiques tels les remparts et ses belles portes : Bab al Mansour Laalaj, Bab al Khmis, Bab Berdaine, le palais Dar al Baida, le palais royal al Mhancha, le pavillon des ambassadeurs, le palais Dar Jami, le bassin de l’Agdal, Hri Souani, la prison Qara, le mausolée du fondateur de la ville le Sultan Moulay Ismaïl, les medersas Filalia et Bouanania et Jamaa Lalla Aouda.

VOLUBILIS

Volubilis
Localisation : A 30 km de la ville de Meknès, commune de Moulay Idriss Zerhoun, Province de Meknès, Région de Meknès Tafilalet.
Date d’inscription sur la liste du patrimoine mondial : 1997

Critères de justification de l’inscription : (ii), (iii), (iv) et (vi)
Les ruines de Volubilis constituent un exemple exceptionnellement bien préservé d’une grande ville coloniale romaine située à la limite de l’Empire.
Aperçu Historique :
La ville de Volubilis fut crée au IIIème siècle avant J.-C. sous l’influence carthaginoise.
Au IIème siècle av. J.-C., elle fait partie du royaume maurétanien et devient, sans doute, l’une des résidences royales de Juba II, roi maurétanien.
Plusieurs édifices mis au jour confirment l’existence d’une cité punico-maurétanienne ; à savoir, le temple anonyme à ciel ouvert, deux petits temples jumelés au nord-ouest du forum romain, un sanctuaire qui aurait précédé le temple B, à l’est de la cité, où ont été découvertes plusieurs monnaies préromaines.
Annexée, après l’assassinat de Ptolémée -fils de Juba II-, la Maurétanie tingitane devient Province romaine et la cité de Volubilis obtient le statut de municipe. La ville connaît alors deux siècles de romanisation avant d’être abandonnée vers 285, suite à la chute de l’empire romain au IIIème siècle. Les habitants se replient ensuite vers l’ouest et construisent une nouvelle enceinte séparant la ville antique de la ville nouvellement construite. Pendant ces deux siècles de romanisation, furent édifiés plusieurs monuments publics et bâtiments privés affectés à des installations artisanales et industrielles ; parmi lesquels un rempart comportant huit portes construit sous le règne de Marc-Aurèle, l’arc de triomphe, le forum (occupant une superficie de 1300 m2) et la basilique, le capitole, construit sous l’empereur Macrin en 217 après J.C., le temple B, les thermes de Gallien et de luxueuses demeures pavées de mosaïques (la maison d’Orphée, la maison à l’Ephèbe, le palais dit de Gordien et la somptueuse maison au Cortège de Venus).
Au VIIème siècle, après la conquête islamique, Volubilis devient Oualila et Idris 1er, fondateur de la première dynastie marocaine, s’installe à Volubilis avant de fonder Fès que son fils Idris II (803-829) choisit comme capitale. Il fut enterré non loin de la cité, à Moulay Idriss Zerhoun.
Habité jusqu’au XIIème siècle, le site de Volubilis tombe ensuite dans l’oubli.
Les fouilles archéologiques systématiques, que le site de Volubilis a connues depuis le début du XIXème siècle, ont permis d’exhumer d’importants vestiges archéologiques conservées actuellement dans les réserves du site ou exposées au Musée archéologique de Rabat ; parmi lesquelles les bronzes antiques.

LA MEDINA DE TETOUAN

Tetouan
Localisation : Municipalité de Tétouan Sidi Al Mandri, Province de Tétouan, Région Tanger-Tétouan.
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 1997

Critères et justification de l’inscription : Le Comité a décidé d’inscrire la Médina de Tétouan (ancienne Titawin) sur la base des critères (ii), (iv) et (v), considérant qu’elle est un exemple complet et exceptionnellement bien préservé de ce type de cités historiques, présentant toutes les caractéristiques de la haute culture andalouse.
Aperçu historique :
Tétouan (ou tittawin en Tamazighte) fut mentionnée dans les écrits des historiens et géographes arabes dès le XIème et XIIème siècle comme une ville fortifiée. Certains auteurs attribuent la fondation de cette ville au soufi andalou Sidi Abdelkader Tabine qui s’installa dans la région vers 1148 J.-C et commença à urbaniser le site de Tétouan pour la première fois par la construction d’un ensemble de demeures, d’une mosquée, des boutiques et des moulins.
La médina de Tétouan qui, dans sa trame urbaine comme dans l’interprétation architecturale de ses édifices, reflète une notion de tolérance religieuse et culturelle parmi les plus grandes au Maroc, représente aujourd’hui un héritage culturel humain qui conjugue à la fois des siècles d’histoire et surtout des structures socio-économiques et des modes d’organisation de l’espace qui trouvent leurs références dans la cité islamique traditionnelle de l’occident musulman et surtout de l’Andalousie musulmane. La médina de Tétouan s’étend sur une superficie de 50 hectares et se ferme à l’intérieur d’une muraille historique dont le périmètre est estimé à 5000m2. C’est un espace urbain complexe qui reflète la complexité même de la vie et ses activités. Ville à la fois militaire, religieuse et mystique, ville commerçante et enfin diplomatique à un certain temps, ce centre historique se caractérise, malgré tout, par la simplicité et la fragilité de son patrimoine architectural et de son paysage urbain.
La médina de Tétouan est entourée d’une enceinte qui fait 5 Km de périmètre, son épaisseur est de 1.20 m. La hauteur depuis la base jusqu’au sommet des merlons varie entre 7 et 5 mètres suivant la topographie des lieux. L’entrée à la médina s’effectue par les sept portes qui percent cette enceinte de tous les côtés. La construction de cette enceinte s’est effectuée sur plusieurs étapes entre le XVème et le XVIIIème siècle. La Qasba de Sidi al Mandri domine l’angle Nord-Ouest de la ville primitive. Cet emplacement lui permettait de contrôler tous les accès à partir d’un mirador qui surélève un bastion. L’ensemble des monuments qui forment la Qasba dite de Sidi al Mandri a été construit à la fin du XVème siècle lors de la reconstruction de la médina de Tétouan. Formée d’une forteresse, d’une mosquée cathédrale, d’une maison et d’un petit Hammam, Cette Qasba constituait jadis le siège du pouvoir politique.

LA MEDINA D’ESSAOUIRA

Essaouira
Localisation : Province d’Essaouira, Région de Marrakech-Tensift-El Haouz
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 2001

Critères et justification de l’inscription :
(ii) Essaouira est un exemple remarquable et bien préservé de ville portuaire fortifiée européenne de la fin du XVIIIe siècle transposée dans un contexte nord-africain.
(iv) Avec l’ouverture du Maroc sur le reste du monde à la fin du XVIIe siècle, Essaouira a été conçue par un architecte français profondément influencé par le travail de Vauban à Saint-Malo. Elle a très largement conservé son aspect européen.
Aperçu historique :
Selon les chroniqueurs arabes et étrangers Mogador, ancien nom d’Essaouira, provient du mot phénicien Migdol qui signifie (petite forteresse). En 1506, la ville aurait vraisemblablement abrité le siège d’une forteresse portugaise mais elle fût abandonnée peu de temps après.
La ville telle qu’elle se présente actuellement date de 1765, année au cours de laquelle le Sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallah décide de construire un port destiné à offrir au Maroc une ouverture sur le monde extérieur tout en permettant de développer des relations commerciales avec l’Europe. Il sollicite alors le concours de Théodor Cornut, ingénieur spécialiste des fortifications militaires originaire d’Avignon, qui fût fortement influencé par les fortifications de Vauban à Saint-Malo. Aussitôt arrivé, Il procéda au démantèlement partiel de la forteresse portugaise afin de construire la Sqala. La ville est organisée en damier, avec des forts inspirés de ceux du Roussillon, dans une pure tradition européenne. La ville entière est alors entourée d’une muraille de style Vauban.
Pendant le règne de Sidi Mohamed Ben Abd Allah, Mogador jouait un rôle commercial et fiscal de grande importance. Afin de contrôler le commerce maritime, le Sultan ferme la côte sud aux marchands européens, obligeant ainsi les consulats européens de Safi, Agadir et Rabat à s’installer à Mogador, lieu de concentration de toutes les activités marchandes du sud du pays. Le nouveau port devient l’un des principaux ports du pays, réputé pour être le lieu de destination des caravanes venant d’Afrique noire, chargées de toute variété de produits et notamment d’esclaves.
La ville d’Essaouira est constituée de trois quartiers distincts :
1)la kasba comprend le vieux quartier administratif.
2) La médina construite entre le XVIIIème et le début du XXème siècles. Elle est traversée par deux axes principaux, l’un reliant Bab Doukkala au port et l’autre partant de Bab Marrakech pour rejoindre la mer. A leur intersection, au souk jdid, sont alors installés les marchés. Chaque district porte le nom d’une tribu impliquée dans l’édification de la ville.
3) Le Mellah, quartier juif, joua un rôle important dans l’histoire de la ville car le Sultan utilisa la communauté juive pour établir des relations avec l’Europe et organiser des activités commerciales. Les juifs furent honoré du titre de Toujjar Es-Sultan (Marchands du Sultan), ce qui leur conféra des privilèges économiques et politiques considérables.
Les principaux monuments d’Essaouira sont : Les remparts, la porte de la Marine, la Sqala du port, la Sqala de la médina, le bastion de Bab Marrakech, la mosquée Ben Youssef, l’église portugaise et la mosquée de la Kasbah.

LA VILLE PORTUGAISE DE MAZAGAN (EL JADIDA)

ElJadida-Mazagan
Localisation : Province d’El Jadida, Région Doukala-Abda
Date d’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial : 2004

Critères et justification de l’inscription :
(ii) La ville portugaise de Mazagan est un exemple exceptionnel de l’échange d’influences entre les cultures européennes et la culture marocaine, et l’un des tout premiers peuplements des explorateurs portugais en Afrique de l’Ouest, sur la route de l’Inde. Ces influences se reflètent clairement dans l’architecture, la technologie et l’urbanisme de la ville.
(iv) Mazagan offre un exemple exceptionnel de villes portugaises fortifiées et l’un des premiers matérialisant la réalisation des idéaux de la Renaissance, intégrés aux techniques de construction portugaises.
Parmi les réalisations architecturales de l’empire portugais, les constructions que comptent Mazagan sont remarquables. C’est le cas de la citerne et de l’église de l’Assomption ; cette dernière est bâtie dans le style manuélin du début du XVIe siècle.
Aperçu historique :
Mazagan (Mazagão) est une citadelle portugaise implantée dès 1514 en terre marocaine. Elle est l’œuvre des architectes et frères Francisco et Diogo de Arruda. La forteresse fut agrandie en 1541 juste après la perte d’Agadir, Safi et Azemmour par les conquérants portugais. Le plan fut retracé par le fameux italien travaillant au compte du Portugal, Benedetto de Ravenna considéré comme le créateur du style appliqué à Mazagan. Avec son élargissement en forteresse, Mazagan connut un grand développement urbanistique. Des maisons et des bâtiments civils et militaires virent le jour en un temps record, entre 1541 et 1548.
Après 267 ans, mêlés de guerres et de trêves, l’épopée lusitanienne de Mazagan s’achève. Le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah (1757 - 1790) assiégea la forteresse et l’asphyxia pendant deux mois quand la décision vint de Lisbonne de quitter la place. Les Marocains reprennent la Mazagan mais ne la peuplent pas. Restée quasiment désertée pendant presque 50 ans, la cité, en partie détériorée, prend le nom de “la Ruinée” (al-Mahdouma). Au cours des années vingt du XIXème siècle, le Sultan Moulay Abderrahman ordonne au Pacha de la région de reconstruire les bâtiments délabrés, d’élever une mosquée et de repeupler la cité portugaise. On interdit de prononcer le nom de Mazagan que l’on nomme désormais al Jadida “la Neuve”.
El Jadida fut dotée d’une mosquée en signe de purification d’une cité habitée autrefois par des gens de foi différente. Cependant, cela n’empêcha pas les Marocains de conserver les témoins de l’époque précédente, y compris les lieux de culte.
Le plan de la cité portugaise présente des similitudes avec celui du Château Chambord en France et celui du château Evoramonte au Portugal. Elle est ceinte par une muraille qui l’isole du reste de la ville. Son plan est en forme d’étoile à quatre branches dont les remparts sont infléchis en leur milieu vers l’intérieur. Cette disposition reflète l’image de l’architecture des débuts de l’époque moderne marquée par l’avènement des armes à feu.
Les plus importants monuments de la cité portugaise sont les remparts massifs avec leurs portes et leurs bastions d’angles, l’église de l’Assomption, la citerne portugaise et la mosquée alaouite...

 
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